Fondés en 1996 par trois vignerons de la rive droite, Les Vins de Vienne ont replanté Seyssuel. Portrait d’une maison de 28 hectares, entre domaine et négoce.
Les Vins de Vienne, domaine et négoce sur 28 hectares
Les Vins de Vienne exploitent 28 hectares de vignes, dont 12 sur les coteaux de Seyssuel, commune de Vienne Condrieu Agglomération. La maison a deux métiers. Elle est un domaine, qui cultive ses propres parcelles, et un négociant vinificateur, qui sélectionne et élève des vins achetés dans d’autres appellations de la vallée du Rhône. Ces surfaces sont celles de la fiche publiée sur vin-condrieu.fr, le site des vignerons du secteur de Condrieu. Un œnologue maison y suit environ 20 hectares classés en appellation. Aucun effectif salarié n’est publié, ni aucun volume de production, ni aucun chiffre d’affaires. La taille de l’entreprise se lit donc en hectares et en nombre d’appellations, pas en emplois. C’est une limite à garder en tête pour tout ce qui suit. Le point d’ancrage est viennois, l’outil de production ne l’est pas. La vinification et l’élevage se font à Chavanay, dans la Loire, sur la zone d’activité de Jassoux, de l’autre côté du fleuve. C’est là que se trouvent le caveau, l’adresse postale et le téléphone de la maison. Seyssuel fournit le terroir et le nom ; Chavanay abrite la cave.
Qui a fondé Les Vins de Vienne ?
Trois vignerons de la rive droite du Rhône, Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard, en 1996. Pierre-Jean Villa les a rejoints en 2003, selon le Guide Hachette des vins, et figure comme gérant sur certaines étiquettes.
Les trois fondateurs avaient chacun leur propre domaine sur la rive droite, dans les appellations du nord de la vallée. Leur projet commun visait un coteau précis : celui de Seyssuel, en amont de Vienne, sur la rive gauche. Le Guide Hachette le décrit comme un vignoble à l’abandon depuis le XIXe siècle. La pente était retournée à la friche. Les trois associés y ont planté de la syrah à proximité du château des Archevêques, puis du viognier. Le premier millésime date de 1998. C’est aussi l’année où l’activité de négoce a démarré. Les sources distinguent bien les deux étapes : 1996 pour la fondation et les premières plantations, 1998 pour la première cuvée mise en bouteille. L’arrivée d’un quatrième associé, cinq ans plus tard, a élargi le cercle sans changer la ligne de départ, celle d’une remise en culture.
Seyssuel, un coteau replanté hors appellation
Les vins de Seyssuel ne portent pas d’appellation d’origine contrôlée. Ils sortent en IGP Collines Rhodaniennes, sous trois noms : Sotanum, Héluicum et Taburnum. Les noms renvoient aux vins de la Vienne romaine, cités par des auteurs latins. Ce statut est la donnée la plus importante pour comprendre l’entreprise. Les 12 hectares viennois ne profitent pas de la notoriété d’une Côte-Rôtie ou d’un Condrieu, situés pourtant à quelques kilomètres en aval. Leur valeur tient à la réputation des vignerons et au jugement de la critique. Le Guide Hachette a retenu Sotanum, une syrah, dans son édition 2023 pour le millésime 2020, dans la gamme de 30 à 50 euros. C’était déjà la première cuvée rouge de la maison, en 1998.
Le reste de la gamme vient de l’autre rive et du sud de la vallée. La répartition publiée par vin-condrieu.fr se présente ainsi :
| Secteur | Surface | Appellations ou mentions |
|---|---|---|
| Coteaux de Seyssuel | 12 ha en propre | IGP Collines Rhodaniennes (Sotanum, Héluicum, Taburnum) |
| Rhône septentrional | 16 ha en propre | Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph, Saint-Péray, Crozes-Hermitage, Brézème, Cornas |
| Rhône méridional | aucune, négoce | Gigondas, Châteauneuf-du-Pape, Vacqueyras, Cairanne |
Un négoce sélectif plutôt qu’un grand volume
Pour le sud de la vallée, la maison ne possède pas de vignes. Les cuvées sont choisies directement chez les vignerons, puis rapatriées dans les chais de Chavanay pour l’élevage. Le Guide Hachette décrit un négoce présent sur de nombreux crus du Rhône septentrional. Il a distingué plusieurs vins au fil des éditions : Les Essartailles 2001, une Côte-Rôtie, a reçu un coup de cœur dans le guide 2004 ; La Chambée 2017, un Condrieu, figure dans l’édition 2020 ; un Saint-Péray, Lieu-dit Les Faures 2022, dans celle de 2025. La part du négoce dans l’activité totale n’est pas publiée. Rien ne permet de dire s’il pèse plus ou moins que le domaine.
Pour l’agglomération, l’apport de l’entreprise est d’abord foncier et paysager : un coteau remis en culture sur la commune de Seyssuel, visible depuis la vallée. La cave, l’élevage et l’adresse de contact se situent en revanche dans la Loire, hors de l’intercommunalité. Le caveau de Chavanay reçoit du lundi au samedi, et les groupes sur rendez-vous, jusqu’à quinze personnes.
Sources : vin-condrieu.fr, Guide Hachette des vins
